Welcome
Well-designed and clever disguise
We'll retreat to the bottom of the sea
We were destined to live out our lives
Underwater, you and me

Nut'
Egoïste, orgueilleuse, manipulatrice,
égocentrique, méprisante, persifleuse
...
Mais je sais que vous m'kiffez quand même.

Un problème ? Le bureau des réclamations est ouvert.

oxygènes
Evy
Sliwa
Kat
Elnaië
Moogle
Kouby & Polaitte
Lulu
Tartine

épaves
janvier 2009
février 2009
mars 2009
avril 2009
juin 2009
août 2009
septembre 2009
octobre 2009

bureau des réclamations
credits:infravermelho
celle qui en profite:nutnut

Cancer, poison et choléra.
mardi 13 octobre 2009 07:35
Ces derniers temps, j’oscille entre semaine « avec » et semaine « sans ». Là, c’est plutôt la semaine « sans² ». Je suis au 36ème dessous.
Première claque de l’année : 4 en dissertation de Littérature. Bon, ce n’est pas non plus comme si j’avais rédigé cette dissert dans les meilleures conditions du monde : après une soirée relativement arrosée, et une courte nuit d’environ 1h30. Le sujet même me paraissait complètement tordu. Bon, ceci n’excuse pas cela, j’ai quand même bien foiré mon truc. Le pire, c’est que même si le prof est gentil comme tout, il a quand même trouvé la panoplie de choses à dire pour nous culpabiliser, sans compter la grandiose lecture des copies les plus méritantes. Je me sens minable. Vive la prépa, vivent les HK.
Les gens. J’ai beau tout faire pour m’intégrer, discuter avec eux, apprendre à les connaître et les apprécier, je me cogne toujours à cette minuscule pellicule invisible qui sépare ce nouveau monde ultra compétitif de mon enthousiasme social. La classe empeste l’hypocrisie (je ne suis pas la dernière à en user, je l’avoue), mais personne n’a encore le cran de se prétendre the best. Ca ne saurait tarder… même si je ne l’espère pas.

Et puis l’Amour… aaaah, l’Amour. Qu’est-ce que ce mot me GONFLE.

Je n’en peux plus de cette foutue question rituelle de chaque rentrée (« Alors… les garçons en prépa, ils sont comment ? »), de ces regards soupçonneux dès qu’on aborde le nom d’un garçon inconnu de l’entourage, du silence critique qui suit un déni ou un refus, de TOUT ce qui concerne de près ou de loin cette PLAIE, cette PESTE qui envahit mon âme. Je ne suis pas en prépa pour trouver l’Âme Sœur, je ne vais pas en soirée pour draguer, j’en ai plus qu’assez de toute cette pression qui pèse sur moi autour de ça.
« Quoi ? T’as toujours pas de copain ?!» NON, FUCK, NON. TOUJOURS PAS. Ça me hante, ça m’obsède, ça m’agace, ça me sort par les trous de nez, ça m’empêche de dormir la nuit, mais NON, toujours pas. ET ALORS ?
Navrée de ne pas être le genre de fille à sortir avec un gars pour sortir avec un gars. Navrée de me refermer dans ma bulle en attendant que quelqu’un la perce ou vienne m’y rejoindre. Et navrée de ne pas me résigner à comprendre que personne n’aura la bonté de le faire un jour.
Je viens de passer un mois d’horreur, à naviguer de déception en déception, à passer l’éponge en 24h sur des rêves qui m’avaient déjà emportée à l’autre bout du monde, dans une ferme en Patagonie, à élever 42 chèvres et 3 gosses. Après avoir puisé dans les profondeurs de ma réserve de granit, une fois ce Nième envahisseur partiellement éradiqué, en voilà un autre qui débarque et décide de forcer les portes de la forteresse. Je me sens comme la Louisiane : balayée sans cesse par des ouragans avant d’avoir pu se reconstruire entre deux. N’aurais-je pas le droit, moi aussi, à ce célibat aussi calme, froid et plat qu’un fjord norvégien ?
Leave Rebecca alone !’ hurlerait mon pote Chris Crocker.

Tout ça avec SON visage en toile de fond. Des mois que je m’efforce à l’éloigner de mon esprit. Une éternité que je racle les murs humides de mon bunker intérieur pour enlever son visage gravé à travers la pièce. Je pensais avoir réussi, il est plus balèze que je ne le pensais. Quel imbécile. Lui autant que moi. Il me donne la nausée, ce sale type. Je lui arracherai les yeux avec une fourchette et le lapiderai à coup de chopping tool de la cantine.

Je me plains, je me plains, mais c’est que ça me manque, quand même, ces réminiscences nocturnes d’un parfum adoré, l’image de l’être aimé sous les paupières au moment du coucher, le son grave d’une voix au rythme de la chanson favorite, ces mots attrapés en plein vol par l’oreille et qui nous rappellent des moments de complicité… La magie remplace tous les maux, et c’est justement ce qui me manque. Peu importe qui, où, comment et quand, j’ai besoin de cette lumière, de cette étincelle de vie au fond de moi pour me rappeler que j’existe aux yeux de quelqu’un ; besoin de ce gaz hilarant pour apaiser mes pensées les plus sombres, besoin de cette gomme magique Mr Propre pour effacer en un passage les gribouillages et moisissures de mon âme en perdition.

Addictif poison.


Ce que vous appelez le bonheur, n’est qu’un tumulte des sens, un orage des passions dont le spectacle est effrayant, même à le regarder du rivage. Eh ! comment affronter ces tempêtes ? comment oser s’embarquer sur une mer couverte des débris de mille et mille naufrages ! Et avec qui ? Non, Monsieur, non je reste à terre ; je chéris les liens qui m’y attachent.
Choderlos de Laclos - Les Liaisons Dangereuses
Le monde concret de la vie
mardi 22 septembre 2009 12:28
La prépa, c’est génial.
Contrairement au lycée où je m’occupais en lisant ou en jouant à la DS, ici, entre deux siestes, on réfléchit (car oui, j’en suis capable !). Le moindre cours de littérature nous embarque dans des ballades philosophiques croustillantes à souhait pour mon esprit curieux et gourmand.
I’m lovin’ it, mieux que McDo.

Ne me demandez pas comment on en est arrivés à définir l’existence en partant d’une question bidon. Disons que c’est la magie d’hypokhâgne.
J’aime Sartre. C’est un peu de sa faute si j’écris cet article aujourd’hui, existentialisme oblige. Il faut dire que sa Nausée m’a rappelé des souvenirs… des souvenirs d’aujourd’hui et d’hier, des souvenirs de demain, j’espère. Sartre, ça lui est venu d’une racine d’arbre. Moi, ça m’est venu de tout et de rien.
Les gens sont aveugles. Tous. J’en ai l’impression en tout cas, bien qu’étant moi-même franchement borgne (passons le proverbe que tout le monde connaît). Cependant, j’ai gardé mes yeux d’enfant, cachés au fond de moi ; ils sortent de leur tiroir secret de temps en temps, pour me rappeler le vrai sens de « voir ». Cherchez les un peu, de votre côté, ils ont toujours été là, mais le regard d’adulte qu’on nous oblige à prendre trop jeunes, les a obligés à se fondre dans l’ombre. On les oublie alors qu’on devrait pouvoir les ressortir au moindre instant.
Ne vous arrivait-il pas, charmant bambins que nous étions, de percevoir un objet comme si c’était la première fois que vous compreniez son sens secret ? Compliqué dit comme ça, mais inspirons nous de mon merveilleux professeur de Lettres pour illustrer : Son truc à lui, c’était de se mettre face au soleil, fermer les yeux, et voir la lumière devenir rouge à travers ses paupières, « comme deux grosses cerises à la place des yeux ». Ca a l’air stupide comme ça (en fait, ça n’en a pas seulement l’air, ça l’est), mais ça me parait une bonne image de la « découverte du sens premier des choses ». Car la moindre chose de ce bas monde est un miracle, mais nous ne le voyons pas. Nous nous contentons de la vue d’ensemble. Le monde est une gigantesque maquette, et aussi étrange que ça puisse paraître, nous, de l’intérieur, nous n’en voyons que le plan aérien. Nous sommes tous des Gagarine en orbite, à ne voir que la Terre en surface, comme de l’extérieur, alors que si on plisse les yeux, si on s’approche un peu, on y découvre une multitude de détails qui ravissent l’âme. Quand on interagit avec ces détails, on crée un petit rien, un petit quelque chose imperceptible à échelle planétaire, mais qui nous remue en profondeur.

Vient le moment des confidences à deux francs.
Vous l’aurez remarqué, je suis une satanée gamine. Mais la façon de voir et découvrir les choses fait partie du kit. Je peux me prélasser une après-midi entière à observer les nuages, à jouer avec les fourmis, ou faire de la musique avec les brins d’herbe. Ridicule, à mon âge ? Je proteste. Les fourmis et les brins d’herbe méritent autant notre attention que la quotidienne de Secret Story, si ce n’est plus. Redécouvrir la vraie nature des choses, c’est 5000000 points de réput gratos auprès de l’univers et de l’humanité, pour parler en termes no life (on ne sait jamais qui passe par là…), ça ouvre des perspectives jusqu’alors inconnues. Essayez rien qu’une fois de vous imaginer à la place d’un ver de terre, nu, au milieu de la pelouse. On en ressort plus vivant que jamais.
Bon, ceci dit, toute expérience a ses inconvénients. A force de vouloir toucher à l’essence des choses, à leur nature première, j’en suis arrivée au point de non retour, au regret de la vue d’ensemble. Quand je regarde un poteau dans la rue, je ne vois plus le poteau, je vois les milliards d’atomes qui le constituent. Je vois de la matière, mais je ne parviens pas à expliquer pourquoi cette matière est là, pourquoi elle s’est assemblée en « poteau ». Au final, je suis terriblement angoissée par tout l’inconnu qui se cache au fond des choses. Un sourire, un objet, une parole me rappelle que rien n’est concret au-delà de l’apparence. Et même si parfois l’angoisse me prend au point de vouloir redevenir totalement aveugle et amnésique, j’aime que les molécules d’air me fouettent le visage, j’aime l’action des atomes de steak contre les atomes de ma langue, j’aime voir le monde dans son intérieur, comme plongée dans un tableau pointilliste – je vis dans un Seurat, dans un Monet, l’univers est mal dessiné, presque informe, mais me ravit par sa couleur.


Même quand je regardais les choses, j’étais à cent lieues de songer qu’elles existaient : elles m’apparaissaient comme un décor. Je les prenais dans mes mains, elles me servaient d’outils, je prévoyais leurs résistances. Mais tout ça se passait à la surface. Si l’on m’avait demandé ce que c’était que l’existence, j’aurais répondu de bonne foi que ce n’était rien, tout juste une forme vide qui venait s’ajouter aux choses du dehors, sans rien changer à leur nature. Et puis voilà : tout d’un coup, c’était là, c’était clair comme le jour : l’existence s’était soudain dévoilée.
Jean-Paul Sartre, La Nausée
Sinking Slowly
dimanche 23 août 2009 09:07
Depuis la dernière fois, j'ai régulièrement pensé à écrire, d'autant qu'il s'est passé d'assez mauvaises choses dans ma vie, ces derniers temps. Chacune de mes pensées entrait dans une certaine conception d'article de ce blog, et je me surprenais parfois à en améliorer mentalement la grammaire pour que la lecture en soit plus claire. Mais il y avait toujours un léger blocage qui me faisait en rester là, à ne jamais coucher sur support mes pensées. Mais j'imagine qu'au bout d'un certain temps, c'est toujours mieux de le faire...

***

Je me suis souvent demandée ce que ça pouvait faire de voir son monde s'écrouler autour de soi. On voit souvent ça, dans les films, les séries, des héros qui ont tout et le perdent du jour au lendemain. J'ai essayé de me mettre à leur place, et imaginé le sentiment. Et malgré mes efforts, je n'arrivais qu'à une douleur de surface, quelque chose d'inconséquent ; d'autant que ces mêmes héros arrivent toujours à se sauver de la noyade, à retrouver famille, amis, argent et amour. On imagine jamais que ça puisse être mille fois plus dur, plus profond que ce qu'on perçoit.
Je ne prétendrais pas avoir subit cela, avoir tout perdu. Tout d'abord parce que ce serait faux, ensuite parce que ce serait injuste pour les personnes qui sont toujours présentes pour moi. Cependant j'ai eu à supporter récemment une période de ma vie ou j'avais l'impression que tout disparaissait au loin, sous mes yeux. En fait, tout disparaissait depuis bien longtemps, sauf que je ne le voyais pas, et la découverte de cette perte, brutale et inattendue, m'a prise de plein fouet et a transformé mon moi intérieur en un petit tas de cendres, balayé par le vent. De la poussière dispersée ne peut alors pas grand chose pour le monde qui l'entoure, à part espérer se mêler à la terre d'un champ et faire pousser d'autres fleurs dans d'autres jardins. J'ai été cette poussière. J'ai grandit dans de nouvelles plantes. Je suis un nouveau moi.

Le lien avec ma famille avait été brisé depuis la dispute de mes parents, il y a 5 ans. Privée alors de mes illusions d'enfance et obligée de les renier pour faire un "choix", j'avais préféré faire l'autruche et m'enfoncer la tête la première dans le sol pour tenter de faire vivre le plus longtemps possible mes restes de petite fille innocente. J'ai cru avoir réussi. C'était faux. C'est à ce moment là que j'ai coupé moi même les liens, pour me protéger ; la situation devenait trop dangereuse pour moi, il me fallait survivre. La branche de l'arbre jusqu'alors droite et radieuse, a commencé à faire son propre chemin, de droite à gauche pour éviter les autres branches, devenant peu à peu biscornue, sale, rongée par les vers et la maladie. Mais les feuilles restaient vertes et camouflaient le tout, c'était le plus important, de sorte que toute cette transformation est passée pour la "crise d'adolescence".
Premier désastre, premiers départs : la famille a pris les voiles, poussée par mon propre souffle. Je perdais aussi ceux qui auraient pu être mes plus précieux alliés.

Cette disparition, je ne l'ai perçue il y a seulement quelques semaines, et je me suis surprise à suffoquer à cette idée. Après tout, c'était uniquement de ma faute, de la faute à cette méthode stupide de se planquer plutôt qu'affronter. Et déjà, flottante au milieu de l'océan de noirceur de mon esprit, je me sentais devenir plus lourde. L'eau sale et boueuse commençait à m'emporter. Je ne réagissais pas.

Les amis. Quand la dispute entre mes parents a commencée, j'étais en 4ème, et à cause de magouilles avec l'administration, j'avais été placée au dernier moment dans une classe pleine d'inconnus, loin de mes amis des années précédentes. Forcément, je me suis retirée plus profondément dans mes problèmes, l'autruche, toujours. Et même des années plus tard, après avoir appris à porter un masque de gaité et de bonheur, j'ai toujours cette balafre sur mon visage masqué, par manque de m'être confiée à un vrai et véritable ami. Et aujourd'hui que j'ai trouvé des gens qui me comprennent et me soutiennent, et me connaissent et m'aiment telle que je suis, je suis prise par cette angoisse naturelle de les perdre à leur tout, en quittant le lycée.
Et je les vois s'éloigner, et je nage, je hurle, je m'efforce de les rattraper, j'avale l'eau boueuse, j'étouffe, je bois la tasse. Inexorablement, ils s'éloignent.

L'eau me rentre de partout, je ne vois plus rien, et je comprends maintenant d'où vient cette noirceur, d'où vient mon asphyxie. Tout cela ne vient que de moi. Et même si j'ai une bouée flottant à quelques mètres au dessus de ma tête, je fais semblant de me débattre, je fais semblant d'avoir encore les poumons pleins d'oxygène, je souris dans mon bain d'horreur. Trop tard ? Je n'en sais rien. Les autres me voient sauvée, tandis que je laisse les profondeurs m'engloutir.

Je me laisse couler, lentement.

If I needed someone to control me
If I needed someone to push me around
I would change my direction
And save myself before I drown
Drown - Three Days Grace
et je m'envole avec elle.
samedi 13 juin 2009 13:16
Nouveau layout, reprise du blog et des résolutions. Malgré les épreuves du bac, révisions et toussa, je bourdonne d'idées d'articles, alors don't worry you know my friends, ça va reprendre.
Par contre, et c'est toujours le même problème, nouveau layout rime avec absence de commentaires. Alors si une âme charitable sent le besoin pressant de m'accorder son aide, ce serait avec plaisir !
Bonne lecture o/ !


***

Elle est là, telle une soeur, ou un amant ; partout à la fois, elle m'observe et m'habite. Elle est moi, je suis elle. Je la vis chaque seconde : dans un battement de coeur, dans la larme qui coule, dans le frisson qui glisse jusqu'à ma nuque, ou dans ma pupille qui se dilate. Elle ne se gêne pas, d'ailleurs ; elle m'emplit, me gonfle, me transpire par toutes les pores de ma peau, s'évapore... puis, oxygène, je l'aspire à nouveau et me laisse habiter.
Dans l'histoire, je suis bien la victime. Je me laisse mollement emporter par ce tourbillon dionysiaque, cette ivresse extatique, tentant sans grande conviction de me débattre, parfois... rarement. C'est qu'elle me plaît bien, au fond, cette fourbe. Elle qui se glisse à la moindre occasion dans mon oreille, puis s'insinue sans ménagement dans chaque parcelle de mon squelette faible et fragile. Elle s'installe, petit à petit, se fait habitude, puis besoin. Mon opium. Elle est à mon âme ce que l'insuline est au triste diabétique. Une injection avant les repas. Mais quand on me la laisse toute entière, rien qu'à moi, je ne peux m'empêcher de m'engouffrer dedans jusqu'à en perdre la tête. J'en oublie le reste du monde, je m'oublie même moi. Après tout, le monde a-t-il de l'importance quand votre raison de vivre vous possède entièrement, l'espace de cinq minutes ? Et nous sommes là, elle et moi, à nous contempler les yeux fermés. Elle pourrait s'appeler Morphée, quand elle m'entoure de ses bras blancs et nus, et qu'elle me serre si fort que j'en ai le souffle coupé. Mais qu'importe le souffle ! Elle m'insuffle un air nouveau, du bouche à bouche, note par note.

Du matin au soir, elle m'interpelle, sans répit. Que ce soit le réveil qui sonne, l'oiseau matinal sous ma fenêtre, l'eau du robinet, les roues sur le goudron tiède, un avion qui passe ou le grincement d'un porte... tout m'évoque sa présence. Elle est un dieu qui nous observe et nous structure. Tel un élément, elle se laisse docilement manipuler, modeler, travailler. Mais c'est dans son état brut qu'elle resplendit le plus. Que le sourd doit être triste, et l'aveugle bienheureux ! Car s'il sait entendre, il oublira qu'il a eu des yeux, et il verra le monde comme je le vois, sans que son jugement soit perturbé par une image dévastatrice. Il verra les feuilles trembler sous le vent, il verra l'avion battre des ailes, il verra les hommes marcher dans la rue ; et son coeur assemblera tout cela, et son coeur battra en rythme, et il verra clair, comme en plein jour. Et enfin, il sera comme moi, condamné à vivre par elle et pour elle... et jamais il ne sera aussi heureux que quand elle lui tiendra la main, de l'autre côté des barreaux de sa cage.
Les autres pourront bien se dire qu'une porte, une feuille ou un pas ne sont que du bruit, et que définitivement, la ville ne les laissera jamais dormir en paix ! Mais non ! amis, fermez les yeux, levez la tête et ouvrez votre âme. La ville vous présentera à elle, à mon aimée, et une fois les présentations faites, elle s'engouffrera en vous et s'y logera à tout jamais. Vous pleurerez, votre âme pleurera, tout comme la mienne quand Elle est là.
Et demain matin, quand j'ouvrirai à nouveau les oreilles et les yeux, elle m'aura attendu, me prendra la main et nous partirons ensemble, comme d'habitude, sur les chemin tortueux de la vie. Elle fera son travail quotidien : effacer les plaies que je m'inflige et mettre du baume sur mes incertitudes. Et je poserai un pied dehors, décidée ; je respirerai profondément les odeurs de bitume et de malaise, je plisserai les yeux devant le ciel doré, et laisserai les sons guider mes pas. Elle sera là. Ma weed, mon amie, ma soeur, mon coeur, mon esprit et mon âme... ma musique.


From all the drugs the one I like more is music
From all the junks the one I need more is music
From all the boys the one I take home is music
From all the ladies the one I kiss is music
Music is my hot hot sex - CSS
dimanche 19 avril 2009 10:41


La leçon de piano de Jane Campion (Palme d'Or et Prix d'interprétation féminine, Cannes 1993)



Il y a des films qui sauront toujours me transporter dans cet ailleurs, cet univers inaccessible, cet espace lointain dans lequel je me sens bien et en sécurité, ou je me sens chez moi. Jane Campion et sa leçon de piano en font partie.


Au XIXème siècle, Ada, jeune écossaise muette depuis l'âge de 6 ans et dont le seul moyen d'expression est la musique, est mariée par son père à un homme qu'elle ne connait que par courrier ; elle le rejoint donc en Nouvelle-Zélande avec sa fille de 9 ans Flora. Le mari ne comprenant pas l'intérêt vital de la musique pour sa Ada, il échange son piano contre des terres à Georges Baines, un illettré vivant au milieu de la forêt avec les Maori. Baines est étrangement attiré par la jeune femme, et sous prétexte de prendre des cours de piano avec Ada, se met alors en place une sorte de chantage : elle fait ce qu'il lui demande, et elle récupérera en échange son piano touche par touche. Mais les demandes deviennent de plus en plus osées, et Ada se retrouve entre son attirance naissante pour Baines et son rapport difficile à son mari.


D'une poésie rare, et extrêmement touchante, La leçon de piano entraîne son spectateur à travers la jungle néo-zélandaise, dans l'âme même de la silencieuse Ada. Ce qui est étonnant, c'est qu'on a beau savoir, voir et comprendre qu'elle est muette, on entend pourtant sa voix, son coeur, ses pensées, fusant sous les touches du piano, du bout de ses doigts. Holly Hunter, qui incarne la jeune femme, est tout simplement incroyable. Elle parle, hurle, chuchote d'un regard et nous fait frémir. C'est surement un des rôles les plus durs à jouer, et pourtant elle déborde de présence, et on a vraiment l'impression d'être "en elle". C'est d'ailleurs l'actrice qui interprète elle-même les morceaux, et rien que pour cela elle mériterait tous les prix de la terre à les avoir si bien interprétés.
Puis mention spéciale à Harvey Keitel qui dans son rôle de rustre analphabète, transpire l'amour et la sensualité.

Une des choses qui m'a touché par dessus tout, c'est la manière dont Jane Campion met la musique en image, aussi grâce au jeu incroyable de Holly Hunter et aux compositions somptueuses de Michael Nyman. La moindre note nous donne l'humeur d'Ada, et on vit la musique à travers le film comme si l'on écoutait les battements de son coeur. C'est envoutant, légèrement dérangeant. Et comme le décrit si bien une petite scène du film, la musique s'insinue en nous presque contre notre gré, elle s'installe et nous fait tourner l'esprit.

Le toucher est aussi un thème récurent dans le film. D'un côté avec Ada qui effleure amoureusement les touches de son piano, de l'autre côté par tout le jeu de caresse qui est mis en avant. Et puis... la vengeance du mari... non, ne me forcez pas, je n'en dirais pas plus.


Alors si vous êtes musicien et que vous vivez la musique plus que vous ne la jouez, courrez, précipitez vous. Un jour, nous érigerons un autel à la gloire de Jane Campion, vous et moi.
Sinon, prenez une veste, sortez de chez vous et allez acheter le film, TOUT DE SUITE. C'est pas cher, la version collector deux DVD est à 13 euros à la Fnouc. Puis rentrez chez vous, préparez-vous un thé noir et des mouchoirs, et laissez vous porter. S'il pleut, c'est encore mieux.
Que vous ne connaissiez pas la musique importe peu. Les mains blanches d'Ada glissant sur les touches vous l'apprendront.



It is a weird lullaby, and so it is, it is mine.
There is a silence where hath been no sound
There is a silence where no sound may be
In the cold grave, under the deep deep sea.
Thomas Hood (1799-1845)

Libellés :

Niark
lundi 6 avril 2009 14:09
J'ai pourtant l'air d'être une gentille fille comme ça.
Sourire, jour après jour.

L'autre jour, j'ai fait sur facebook le dernier test à la mode chez les L : Quel personnage des Liaisons Dangereuses êtes-vous ? A vrai dire, je connaissais le résultat avant même d'avoir fini le test.

Vous êtes la marquise de Merteuil.
Vous savez parfaitement comment fonctionnent les gens et comment les manipuler pour arriver à vos fins. Vos relations sont uniquement celles utiles à vos plans. Mais votre grand drame est que personne ne voit votre aspect manipulateur et ne décèle votre grande intelligence : c'est pourquoi vous avez besoin d'un confident à qui vous puissiez expliquer toutes vos démarches et vos raisonnements, afin d'être certaine qu'une personne au moins sache combien vous avez d'esprit.


Et oui, je ne suis vraiment pas celle qu'on croit.
Justement, je suis sure que pour la plupart d'entre les rares personnes qui me lisent, c'est pas vraiment concevable : Quoi ? Nutnut ? Manipuler les gens ?
Mais oui, bien sur ! Et j'adore ça même ! Vous devriez essayer.

Et le mieux, c'est de l'essayer sur une personne de sexe opposé, sous le prétexte de la séduction. Après tout, la séduction consiste bien en cela : Manipuler pour mieux attirer. Je ne peux qu'assumer le fait que cela m'arrive dès que je croise un garçon qui m'intéresse à peu près. Je ne peux m'empêcher de minauder et tenter l'approche discrète. Stupide, non ? Pourtant ça marche.
Puis une fois la proie entre mes griffes d'acier, je joue avec quelques semaines, quelques mois, et je jette tout ça dans un coin pour aller trouver un nouveau jouet. En fait, il est très rare qu'un garçon m'intéresse profondément, et pour ce qu'il est. Et pour être totalement honnête, je vais vous le dire : je suis perpétuellement amoureuse de quelqu'un. La personne change, au bout d'une trop longue période, mais il est d'une rareté extrême que je ne sois amoureuse de personne. Et comme la personne aimée n'est jamais la bonne (mais je m'y accroche quand même), il faut bien que je passe le temps non ?

Aaaah mais quelle cruelle cette Nutnut ! Ah mais c'est pas fini mes biquets. Histoire de démolir encore un peu ma réputation, je vais continuer :

Une fois en "couple" avec un de mes jouets, je suis impitoyable. Usant de toutes mes forces pour continuer à faire semblant en souriant, je n'en reste pas moins horrible : j'ignore, j'évite, je contourne, j'annule, je pose des lapins, j'hésite, je fais des caprices. Un vrai démon. Ca doit être la frustration d'être avec quelqu'un qui ne me correspond pas. Je n'en sais trop rien, mais le fait est que je suis comme ça. J'ai beau essayer de changer, parfois, mais je préfère continuer à attendre désespérément l'arrivée du Prince Charmant sur son Cheval Blanc, tout enarrachant lachement les ailes des oiseaux qui, attirés par les ornements et la douceur que je m'applique à dégager vers eux, osent poser un pied assuré dans mon antre.

Il m'appellerait perfide, et ce mot de perfide m'a toujours fait plaisir ; c'est, après celui de cruelle, le plus doux à l'oreille d'une femme, et il est moins pénible à supporter.
Laclos - Les Liaisons Dangereuses
Providence ?
mercredi 25 mars 2009 15:27
A croire qu'il doit bien y avoir une quelconque puissance supérieure pour m'écouter de temps en temps...

Ce Lundi fût une expérience des plus intéressantes et superbes de ma vie. Et oui mes amis, j'ai vécu un de mes plus grands fantasmes romanesques. [Voyons, voyons, un peu de tenue, je ne fais pas allusion à "cela" par le mot fantasme, non.]
A force de lire des bouquins sirupeux à vous en pomper la sève, j'étais arrivée à m'imaginer une situation romanesque à souhait : rencontrer un homme, passer un instant avec lui, un instant pleinement partagé, et en rester là, tout simplement. Le fantasme de l'inconnu, de son petit nom.
Et voilà que ça m'arrive, à moi, la plus banale des filles qui vit dans son imaginaire 24h sur 24. Il a fallu qu'il se ramène, lui, sur mon chemin sinueux, et se plante là avec ses yeux noirs (trop noirs !), sa veste en cuir et son aura impénétrable. Il a fallu que je lui tombe dessus, que je me jette dans la gueule du loup ! Et je ne peux même pas me résigner à m'insulter d'idiote, puisque c'était définitivement trop beau pour être vrai. Tout tient en un seul mot : osmose. Quoique, je parlais trop, je crois. Et entre plaisanteries acides et regards fuyants, j'ai passé une journée incroyable. Arrivés devant chez moi, quelques mots, un "Adieu" fuse. Et comme si on ne s'était jamais connus, on est parti chacun de notre côté.

Et puis j'ai commencé à y repenser, à me dire que c'était finalement bien injuste, que j'avais peut-être le droit légitime d'en vouloir plus. Mais cette stupide puissance supérieure qui avait orchestré tout cela avait prévu son coup. Ni adresse, ni numéro, ni même son nom. Je n'ai pu en garder que les détails qu'on a bien voulu se raconter. Des choses insignifiantes. Comme si je n'avais eu que le droit de profiter du fruit initial de mon imagination, mais pas plus. Comme un roman dont on attend la suite, alors qu'on sait pertinemment qu'il est bel et bien terminé.

Peut-être est-ce à moi d'écrire la suite ?

C'était sans doute un jour de chance
Ils avaient le ciel à portée de main
Un cadeau de la providence
Alors pourquoi penser au lendemain
Une belle histoire - Michel Fugain